Comment créer un assistant IA pour un cabinet de conseil
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Un assistant est une méthode qui intègre suffisamment de pratiques et de sources du cabinet pour qu'on puisse lui confier un brief et obtenir un premier jet qui ressemble déjà au travail maison. Ce qu'il faut définir avant d'en créer un.
Un assistant IA pour le travail client, c'est une méthode qui intègre les pratiques, les sources validées et le format de livrable propres au cabinet : on lui confie un brief et l'on obtient un premier jet qui ressemble déjà au travail maison. C'est plus qu'une simple étape automatisée. Il regroupe un petit ensemble de méthodes et de règles autour d'un type de mission récurrent, avec un périmètre assez resserré pour que l'équipe s'en serve au lieu de partir d'une fenêtre vide.
Un outil vendu comme un assistant capable de répondre à tout, en puisant dans tout ce qu'il trouve, se rapproche plutôt d'une fenêtre de chat générique avec le logo du cabinet. La version utile est plus étroite : conçue pour un type de brief, limitée aux sources validées pour ce brief et réglée pour produire un livrable sous une forme que le relecteur connaît déjà.
Quand une seule méthode ne suffit plus
Une méthode réutilisable, c'est une approche reproductible, mise par écrit : les sources, les étapes dans l'ordre et la forme du livrable pour un type de tâche. La plupart des travaux récurrents n'ont besoin de rien de plus. Une analyse concurrentielle, un dimensionnement de marché, le premier jet d'un rapport périodique : chacun correspond à une seule méthode, et en créer trois distinctes pour trois tâches distinctes fonctionne très bien.
Un assistant se justifie quand plusieurs méthodes liées, avec le choix de celle qui s'applique, sont demandées ensemble assez souvent pour que les regrouper fasse gagner un temps réel. Une équipe qui reçoit des demandes de recherche sur de nouveaux clients, par exemple, peut mener une analyse concurrentielle, une vérification du positionnement et une note sur les parties prenantes à presque chaque mission, dans un ordre similaire, à partir de sources qui se recoupent largement. À ce stade, un seul assistant configuré avec l'enchaînement et la liste de sources de cette catégorie de travail vaut mieux que trois méthodes isolées et une personne qui décide laquelle lancer, et quand.
| Une méthode | Un assistant | |
|---|---|---|
| Périmètre | Une tâche répétable | Une catégorie de travaux liés |
| Contenu | Sources, étapes et forme du livrable pour cette tâche | Plusieurs méthodes, plus des règles sur celle qui s'applique |
| Demande type | « Lancez l'analyse concurrentielle pour ce client » | « Démarrez la recherche nouveau client pour cette mission » |
| Idéal pour | Un travail qui suit déjà une approche unique et claire | Un travail qui revient sous forme de tâches liées |
Ce qu'il faut définir avant d'en créer un
Créer un assistant oblige à mettre par écrit davantage que pour une méthode isolée, car vous devez définir quels briefs il traite, et pas seulement comment il les traite.
Périmètre : la catégorie de brief pour laquelle il est conçu, formulée assez précisément pour qu'on puisse dire à la première lecture si une demande en relève. « Recherche nouveau client » est un périmètre. « Recherche » n'en est pas un.
Sources : les sources externes, les travaux antérieurs du cabinet et les documents clients autorisés dans lesquels il peut puiser et, tout aussi important, ce à quoi il ne peut pas toucher. Si personne ne le restreint et qu'il peut accéder aux dossiers de tous les clients, vous avez un problème de traitement des données qui ne s'est simplement pas encore manifesté.
Forme du livrable : les sections, le format et la structure attendus pour le premier jet abouti, alignés sur ce qu'un relecteur de ce type de travail s'attend déjà à voir.
Refus : ce que l'assistant doit décliner ou signaler plutôt que de s'y essayer, par exemple un brief hors de sa catégorie, ou un brief qui nécessiterait une source qu'il n'est pas autorisé à utiliser. Si l'assistant s'attaque malgré tout à un brief pour lequel il n'a pas été conçu, il produit un premier jet qui a l'air terminé mais ne l'est pas. Un relecteur repère moins facilement un premier jet qui semble juste mais est faux qu'un premier jet qui signale le décalage.
Responsable : la personne qui met à jour les sources, les étapes et les règles de livrable de l'assistant à mesure que les pratiques du cabinet évoluent. Comme toute méthode, il devient obsolète sans responsable désigné.
Un exemple concret
Reprenons le cas de la recherche nouveau client. Avant la création de l'assistant, trois consultants menaient chacun leur propre version de l'analyse concurrentielle, de la vérification du positionnement et de la note sur les parties prenantes, dans l'ordre et à partir des sources qu'ils préféraient. Les résultats variaient selon qui était staffé sur la mission.
Périmètre : la recherche nouveau client pour une mission de stratégie, ni l'analyse approfondie d'un seul concurrent, ni le suivi d'un compte en cours.
Sources : les analyses concurrentielles que le cabinet a déjà réalisées pour des clients comparables, les documents de positionnement du client et une liste fixe de sources publiques que le cabinet a déjà examinées pour ce type de recherche.
Étapes : reprendre la structure des analyses antérieures comparables, identifier dans le brief les concurrents les plus pertinents pour le client, étudier chacun selon les mêmes axes, rédiger le comparatif, puis la note sur les parties prenantes, puis la synthèse du positionnement.
Forme du livrable : un tableau comparatif des concurrents, une note d'une page sur les parties prenantes et une courte synthèse du positionnement, dans l'ordre où le relecteur s'attend à les ouvrir.
Refus : une demande de veille concurrentielle continue une fois la mission lancée, qui relève d'une autre méthode, récurrente, hors du périmètre de cet assistant.
Une fois tout cela écrit et intégré dans un seul assistant, n'importe quel consultant staffé sur une nouvelle mission pouvait partir de la même configuration au lieu de la reconstituer ou, pire, de reprendre la version utilisée sur son dernier projet.
La relecture reste indispensable
Rien de tout cela ne change ce qui se passe une fois le premier jet produit. Un assistant fournit un premier jet construit à partir de sources définies, dans un format connu. Décider si ce premier jet est prêt pour le client reste l'affaire d'une personne. Celle qui le relit vérifie toujours les affirmations sourcées au regard des preuves, apporte toujours le jugement que le brief exige et valide toujours le travail, comme pour tout travail client fiable produit avec l'IA.
Ce que change un assistant, c'est le point de départ. Avec un assistant bien cadré, le relecteur vérifie un premier jet construit comme le cabinet travaille déjà, et non une réponse générique à une question générique. Le temps du relecteur est mieux employé, mais la relecture doit toujours avoir lieu.
